Je suis comme obsidienne. A la fois vitreuse, anéantie, translucide. Mais aussi; volcanique. Enflammée par une ardente colère. Je vais finir par avoir un ulsaire avant ma majorité. Sauvage depuis quelques mois, pour faute d'avoir fréquenté un sobre crétin. S'ajoute à cela le stress causé par ce fucking Bac que de toute évidence je n'aurais pas. A force de démolitions successives à mon égard, je ne me rend plus compte de rien, je n'ai plus aucune notion de gravité. Les choses n'ont plus de valeur réelle à mes yeux. Je suis un pathétique pantin qui marche sur le fil du hasard. J'ai beau saisir quelques rayons de soleil dans mon existance - véritable challenge - je ne profite de rien, je ne connais rien. Certes je suis jeune, mais je n'ai pas fait grand chose de ma vie jusqu'ici. Je foire tout ce que j'entreprend. La seule discipline dans laquelle j'excellais fût l'équitation. Autrefois une passion, désormais un souvenir. Enterrée, avec Givenchy. A force d'affronter les déceptions, je me suis épuisée. Je suis un chagrin à moi seule, un cas social peut-être. Une piche sans envergure. Qui plus est; une dépressive chronique. L'art de l'inutile, n'est autre que ma personne. Il fût un temps où mon coeur était encore chaud. Mais comme dit le proverbe: les temps changent. Au fil du vent. Sur lequel je crache. J'ai du potentiel, j'en suis consciente. Mais uniquement car on me le fait remarquer. Le désir de l'exploiter n'est guère bien loin, mais la flemme elle, est ancrée en moi. Je me demande bien où est passée mon humeur d'antan. L'époque où j'étais l'incarnation de la quiètude. Gros point d'interrogation. J'ai du mal à m'adapter à moi-même. Est ce plus qu'un changement crucial de ma personnalité ? La quête presque achevée d'un épanouissement ? Que sais-je encore.. Dans tous les cas, parfois je ne m'étonne pas moi même. No-non. Je me fais carrément peur. Il m'arrive d'être d'une telle cruauté que je ferais pâlir un sénégalais. Je suis proie à un certain machiavélisme, quasi-contrôlable. Mais la rage est parfois si forte, et mon désir de vengeance si présent, que toute douceur et gentillesse disparaissent de mon esprit. Je deviens abominable, odieuse. Si je continu ainsi, je finirai par m'exiler en Antarctique dans un igloo, j'irai pêcher le thon, conterai les pingouins et verrai le réchauffemment climatique détruire ma banquise. Ou bien je m'en irai vendre des beignets sur la plage au Canada. Merveilleux avenir en perspective. Mais ce dont j'ai envie en ce moment même, c'est de faire du shopping à Londres, m'acheter tout plein de fringues cool, digne d'être portée par moi. Prétentieuse ? Jamais. Mais aussi de boire un somptueux irish coffee à Dublin, servit bien évidemment par le serveur de ma vie Heaven, qui m-aura sauter juste avant dans les chiottes du café. Quel pied! Mais ce ne sera certes pas grâce au chèque de 8 euros que la Marine de Toulon m'a envoyé via la poste que je me paierai toutes mes envies et mes caprices de gamine gatée et puérile. Après l'objectif sociable, vient ceux de la noblesse et du raisonnable. Je suis stupidement absurde. ·
Picture: Louis Garell.